L'Océanien, paquebot moderne filant 13 noeuds, sur lequel Gauguin fit le voyage de Marseille le 1er avril 1891 à Nouméa le 12 mai, via Suez, Aden, les Seychelles, Adélaïde, Melbourne et Sydney. A Nouméa, Gauguin embarqua sur la Vire, ancien voilier de la Marine Nationale équipé d'une machine à vapeur, et arriva à Tahiti au matin du 9 juin.  

Vue de Papeete vers 1890. Photographe inconnu. La ville avait alors une végétation bien plus dense qu'aujourd'hui, elle est ici telle que la découvrit Gauguin le 9 juin 1891. 

"Toi qui aimes les beaux hommes ils ne manquent pas ici, bien plus grands que moi et membrés comme des hercules." Lettre de Gauguin à sa femme Mette, peu après son arrivée à Tahiti. 

Tahitiennes en robe "mission". C'est vêtues ainsi que Gauguin les découvrit, avec le canotier sur la tête. La robe mission avait été imposée par les missionnaires  méthodistes anglais pour cacher la nudité des femmes converties au protestantisme. 

Comme artiste nanti d'une mission officielle Gauguin se rendit au Palais du Gouverneur Lacascade qui le reçut aimablement et lui proposa de loger dans ce bâtiment le temps de trouver un logement.  Mais Gauguin trouva à se loger avec l'aide de son nouvel ami le lieutenant d'infanterie de marine Paulin Jénot.  

Etienne Lacascade (1841-1906) fut Gouverneur des Etablissements français de l'Océanie de 1886 à 1893, un record. Il reçut fort bien Gauguin au début, puis ils devinrent des ennemis irréductibles. 

Palais du dernier roi de Tahiti Pomare V. Dès son arrivée, Gauguin s'y rendit pour être reçu par le monarque dont il espérait, non sans illusions, obtenir des commandes. Un rendez-vous avec Pomare lui fut accordé, mais le jour de la rencontre, Gauguin apprit le décès du roi. 

Pomare V, en costume civil et militaire, dernier souverain de Tahiti, il avait accepté d'abdiquer en 1880 en faveur de la République française. Il gardait encore une fonction symbolique mais n'avait plus de pouvoir réel. Il mourut le jour où il devait rencontrer Gauguin. 

Le fameux café du Cercle Militaire installé dans la ramure d'un énorme banian. Gauguin s'y rendit au début. De là-haut on pouvait voir les vahinés et leurs cavaliers danser deux soirs par semaine. Gauguin, excellent danseur, les rejoignit bien vite pour guincher éperdument. 

Autre vue du  café suspendu. 

La Place de la Musique et son kiosque, rendez-vous des danseurs les mercredis et samedis soirs. Les belles vahinés la fleur à l'oreille ne manquaient pas. La nuit tombe à Tahiti vers 17h30. Les couples qui se formaient pouvaient vite disparaître dans l'ombre protectrice. Gauguin fit ainsi la fête durant des semaines et se réveilla, la  bourse bien aplatie...