De retour à Pont-Aven au début de 1888, Gauguin,  toujours malade de dysenterie et d'hépatite contractées aux tropiques, se remet lentement. Il retrouve la santé au printemps et veut, dit-il, "tailler à coups de massue."  Il réfléchit dans le sillage de ses idées de Copenhague sur l'animalité en nous qui n'est pas mauvaise en soi. Il se fait des oreilles pointues, comme aux enfants peints qui sont proches de l'animalité, et déforme le visage d'une Bretonne en ce sens. Tableaux précurseurs de ce que seront plus tard ses visages "préhistoriques" (Segalen).  De plus, les couleurs de la Bretagne ont bien changé depuis le séjour en Martinique... 

Bretonne à la cruche, 1888, Collection particulière. 

Printemps à Lézaven, 1888, Collection particulière. Tableau qui fut acheté par Degas. N'y aurait-il pas ici, avec ces petites hachures serrées et verticales   comme un souvenir de la manière de Van Gogh dont Gauguin a vu les toiles à Paris ? Pour moi, cela ne fait aucun doute. 

Course de chiens dans la prairie, 1888, Madrid, Thyssen Bornemisza Museum. 

Rochers sur la côte Bretonne, 1888, Collection particulière. 

Autoportrait à Lézaven, 1888, Washington D.C., National Gallery of Art. 

Petit baigneur breton, 1888, Collection particulière. On remarquera les oreilles pointues comme dans l'autoportrait...

Portrait d'une Pont-Avennoise, peut-être Marie Louarn, 1888, Collection particulière. Visage traité de manière expressionniste, comme dans les dessins de la même personne. Il servira de modèle à bien des figures féminines "sauvages" de Gauguin.

Portrait présumé de Marie Lagadu, 1888, Collection particulière. 

La Ronde des petites Bretonnes, 1888, Washington D.C., National Gallery of Art. Les violets et les verts de la Martinique donnent un éclat nouveau à cette Bretagne de 1888. 

Jeunes baigneurs bretons, 1888, Hambourg, Kunsthalle. 

Les Jeunes lutteurs, 1888, Collection particulière.